Comme aux États-Unis, les expert.e.s des universités et de l’administration ont été ignorés. C’est une personne extérieure au domaine – Daniel Schmutz, ancien collègue du conseiller fédéral Cassis au sein d’une association de santé et ancien directeur général d’Helsana – qui a rédigé l’étude sur les synergies et les possibilités d’économies au sein de la DDC et du SECO. Sur la base de ce rapport, des structures et des processus qui ont fait leurs preuves vont désormais être jetés aux orties.

La décision du Conseil fédéral concerne, d’une part, la mise en œuvre du programme d’allègement budgétaire 27. D’autre part, les grandes lignes stratégiques de la nouvelle stratégie CI 29–32 ont été présentées. Les fondements de ces mesures restent flous ; elles n’ont pas fait l’objet de l’étude susmentionnée. Un transfert massif de fonds de la coopération bilatérale et multilatérale au développement vers l’aide humanitaire est prévu. « Il est désastreux que les besoins humanitaires indéniables soient satisfaits au détriment d’une coopération au développement éprouvée et à long terme. C’est comme abandonner la prévention en médecine et ne traiter que les malades graves. Or, les deux sont nécessaires : la prévention à long terme et l’aide d’urgence », déplore Andreas Missbach, directeur d’Alliance Sud

Jusqu’à présent, les crédits supplémentaires servaient à couvrir les besoins d’aide d’urgence. Le conseiller fédéral Cassis les juge désormais problématiques. Cependant, dans le système suisse caractérisé par un frein à l’endettement strict, ces crédits supplémentaires empêchent que davantage d’argent du contribuable ne soit affecté à la réduction de la dette en fin d’année. Le taux d’endettement public suisse est déjà extrêmement bas ; une réduction supplémentaire n’est ni nécessaire ni pertinente. Les crédits supplémentaires permettent d’effectuer des dépenses urgentes, notamment dans le domaine humanitaire.

Ces restrictions dans la coopération au développement sont désastreuses au vu des multiples crises actuelles. La coopération internationale contribue à forger l’image de la Suisse à l’étranger et joue un rôle significatif pour la paix, la sécurité et la stabilité dans le monde. Le Conseil fédéral met imprudemment tout cela en péril. « Le Parlement doit corriger le tir s’il prend la Constitution au sérieux et s’il ne veut pas bafouer, comme le fait Trump aux États-Unis, les impératifs de la lutte contre la pauvreté sur la planète », souligne Andreas Missbach.

Pour de plus amples informations :
Andreas Missbach, directeur d’Alliance Sud, tél. 031 390 93 30, email hidden; JavaScript is required
Kristina Lanz, experte en coopération internationale, tél. 031 390 93 40, email hidden; JavaScript is required